“1000 lettres de la Grande Guerre. Le témoignage singulier des peu-lettrés” a talk by Agnès Steuckardt (Univ. Paul Valéry, Montpellier, France)

Published: March 15th, 2017

Category: Featured, News

Tuesday, March 21 , 2017
4pm, Pugh Hall,  210

Abstract:

Les écrits ordinaires de la Grande Guerre ont été peu exploités par les historiens. Dans le célèbre ouvrage de Jean-Norton Cru, Témoins, les professions libérales et les intellectuels représentent la quasi-totalité des témoignages. Un rééquilibrage commence à s’esquisser dans l’ouvrage récemment dirigé par Rémy Cazals, 500 témoins ; toutefois, même lorsque les historiens s’intéressent aux les classes populaires, ce sont toujours les plus lettrés, comme le tonnelier Louis Barthas, qui retiennent leur attention. Il faut sans doute la patience des linguistes pour s’attacher à déchiffrer, transcrire et analyser les lettres de ceux que, depuis les travaux de Sonia Branca-Rosoff, relayés notamment par France Martineau, il est convenu d’appeler les « peu-lettrés ». Le projet « Corpus 14 », développé au sein du laboratoire Praxiling, a collecté plus de 1000 lettres échangées par les familles prises dans la tragédie de la Grande Guerre. Comment s’expriment ces femmes et ces hommes peu habitués à la pratique de l’écrit ? Comment leurs lettres font-elles évoluer notre perception du premier conflit mondial ? Ces textes donnent à découvrir une expérience concrète et sensible de la guerre.

Agnès Steuckardt est professeure de Sciences du langage à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 et directrice du laboratoire Praxiling (UMR 5267, Université Montpellier 3 / CNRS). Elle s’intéresse aux usages linguistiques dans les situations de conflit. Sur la Première Guerre mondiale, elle a édité notamment Traque des mots étrangers, haine des peuples étrangers et Anti-Chamberlain, de Leo Spitzer (traduction Jean-Jacques Briu, Lambert-Lucas, 2013 et 2014). Depuis 2013, elle est responsable du projet « Corpus 14 », labellisé par la Mission Centenaire, et a dirigé un ouvrage collectif issu de ce projet, Entre village et tranchées. L’écriture de Poilus ordinaires (Inclinaison, 2015). Elle a récemment édité, en collaboration avec Odile Roynette et Gilles Siouffi les actes du colloque « La guerre de 14 et la langue » (Paris, 2014), publiés sous le titre La Langue sous le feu. Mots, textes, discours de la Grande Guerre (Presses Universitaires de Rennes, 2017).

 

Comments are currently closed.